Le haricot : Une culture au-delà de la subsistance des familles au Burundi

La culture du haricot est très ancienne. Originaire de l’Amérique latine, cette culture s’est répandue dans le monde entier sauf en Asie où elle est moins pratiquée.
Au Burundi, le haricot constitue la base de l’alimentation humaine et tous les ménages le consomment tous les jours sauf s’il n’y en a pas. De ce fait, le Burundi est classé parmi les plus grands producteurs au niveau mondial. Dans notre pays, le haricot occupe 179.160 ha soit 40,6% de la superficie totale exploitée qui était
de 441.606 ha en 2013B. Si on répartit cette superficie à tous les ménages burundais, on aurait environ 0,11ha/ménage (11 ares). En termes de volume de production, le haricot occupe la troisième place après la banane et la patate douce.

La productivité du haricot est très faible et la production est très insignifiante par rapport aux besoins de consommation des ménages. Selon les normes du PAM, un homme normal consomme 300 g de haricot par jour. Un ménage de six personnes doit consommer 1800 g par jour soit environ 648 kg par an. En supposant qu’un ménage s’efforce pour produire du haricot sur les trois saisons de l’année (A, B, C), ce ménage idéal produirait 255 kg par an. Avec cette extrapolation, ce ménage connaît un déficit de consommation de 393 kg chaque année. Si on veut réduire ce déficit, il existe des variétés développées par l’ISABU qui peuvent atteindre 3500kg/ha en culture pure. Même si le haricot est une culture vivrière par excellence, il est incontestable qu’il constitue aussi une spéculation pour beaucoup de ménages sans autres sources de revenu.

L’ISABU propose une large gamme pour les agriculteurs individuels ou organisés : des variétés bio-fortifiées, des variétés à haute valeur marchande et des variétés à haut rendement. Partant de ceci, celui qui entreprendrait la culture spéculative du haricot ne pourrait pas le regretter. Pour ceux qui ont peu de tuteurs, les variétés naines très productives existent au sein de l’ISABU. Les burundais sont obligés d’améliorer leurs pratiques pour améliorer la rentabilité de cette culture à
tous les niveaux ; de la production des semences à la consommation en passant par la commercialisation.

2. Histoire du haricot
Le haricot est parmi les cultures très anciennes. Sa domestication serait intervenue dans deux centres différents, l’un de l’Amérique centrale au Mexique, l’autre de l’Amérique du Sud au Pérou. Sa première apparition dans les sites archéologiques date de 7000 ans avant Jésus Christ. Le haricot a été introduit en Europe par Christophe Colomb après son premier voyage à Nuevitas au Cuba en 1492. Par après, d’autres explorateurs ont découvert le haricot en divers endroits de l’Amérique du Nord et du Sud. La diffusion de la culture à travers toute l’Europe se serait faite par le Vatican. C’est Catherine de Médicis qui l’aurait introduite en France à l’occasion de son mariage avec le roi Henri II en 1533. Dès le XVIème siècle, des navigateurs portugais l’ont introduit en Afrique et en Asie.

Le haricot, facile à cultiver et se multipliant par graine de longue conservation, a connu rapidement un grand succès en Europe où il s’est diversifié en  d’innombrables variétés locales, se substituant partiellement ou totalement à d’autres légumineuses anciennes. Il s’est également bien implanté en Afrique orientale
notamment dans la région des Grands Lacs au Kenya, en Tanzanie, en Ouganda, au Rwanda et au Burundi là où il trouvait les conditions écologiques proches de celles des montagnes andines. Cette région est aussi devenue un centre de diversification et le haricot y  est encore aujourd’hui un aliment de base de toute la population tant rurale qu’urbaine. Cette plante ne s’est par contre pas imposée en Asie tropicale.

3. Importance du haricot dans le monde et au Burundi
Le haricot est une culture très importante pour l’économie mondiale en générale et burundaise en particulier. Son importance imposante se remarque à travers la production et sa place dans l’alimentation humaine et dans le commerce tant local qu’international. Au niveau mondial, la production du haricot était estimée
en 2006 à 28,6 millions de tonnes selon la FAO. Entre 1961 et 2006, la production du haricot a doublé, progressant assez rapidement au taux de 1,5% par an. Il faut remarquer que ces chiffres ne prennent pas en compte la production familiale autoconsommée dans  les pays pauvres. En 2006, le Burundi était compté parmi les 18 premiers producteurs de haricot au monde comme on peut le constater dans le tableau ci-dessous.

Principaux pays producteurs de haricots secs en 2006



Selon la même source, les quinze premiers pays producteurs représentent plus de 80% du total de la production mondiale. Au Burundi, le haricot occupe une place de choix si on considère la superficie qu’il occupe durant la saison B, la plus grande chaque année ainsi que sa place en tant que source de revenus des ménages.

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